Intégrer le sport dans les politiques RH

6 Nov

Opération Bike to Work (Crédit Flickr par nnnnic)La sphère professionnelle est encore trop rarement envisagée comme un lieu de pratique sportive. Or les dirigeants d’entreprises comme les pouvoirs publics ont intérêt à promouvoir des dispositifs d’amélioration de la santé des salariés par le sport.

Une faible sensibilisation de l’ensemble des acteurs

Le sport est encore trop souvent perçu comme relevant de la vie privée des salariés et ne concernant donc pas l’employeur, ou comme un loisir, donnant l’impression que ceux qui en pratiquent un, par exemple à l’heure du déjeuner, sont moins impliqués dans leur travail. Les entreprises qui mettent en place des dispositifs permettant la pratique d’un sport répondent majoritairement au profil type des grandes entreprises urbaines. Ces dernières font plutôt prévaloir les dimensions de compétition, d’image et de communication interne plutôt que la thématique liant le sport à la santé. Quant aux syndicats de salariés, ils se sentent souvent peu, voire pas impliqués, considérant que le sport n’est pas dans leurs prérogatives.

Du côté des salariés, nombreux sont ceux qui n’utilisent pas les dispositifs mis en place sur leur lieu de travail, lorsqu’ils existent. Les salariés évoquent pour la plupart un manque de motivation ou de temps, le souci de séparer leur vie privée de leur vie professionnelle. Certains éprouvent notamment des réticences à pratiquer une activité physique avec leurs collègues.

Le sport en entreprise c’est gagnant pour le salarié et pour l’entreprise

En 2008, un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) insistait sur le rôle de l’employeur en matière de prévention de certaines maladies par l’alimentation et l’exercice physique. Dans sa note d’analyse d’octobre 2012, le Centre d’analyse stratégique, service de prospective du Premier ministre, rappelle les effets positifs, d’une pratique sportive régulière dans le cadre professionnel : diminution de l’absentéisme, augmentation de la capacité de travail, bien-être. Selon l’étude Pricewaterhouse Coopers (2008), Building the Case for Wellness. menée en Grande-Bretagne, l’absentéisme a reculé de 30 % à 40 % dans les organisations ayant mis en place des politiques globales de santé des salariés (dont l’exercice physique régulier fait partie). La réduction du turnover des effectifs se chiffrerait quant à elle en moyenne à 25 %. De fait, la pratique sportive est aujourd’hui considérée par l’ensemble des autorités sanitaires comme un outil de prévention, voire de lutte contre un grand nombre de pathologies.

 Sport à la carte chez Toyota Dans l’usine Toyota située à Onnaing (59)

Sport à la carte chez Toyota
Dans l’usine Toyota située à Onnaing (59), un service d’activités physiques adaptées aux différents postes de travail a été mis en place. Par exemple, les ouvriers à la chaîne se voient proposer des exercices pour soulager leur dos. En outre, à son arrivée, chaque nouveau salarié a droit à 15 jours de remise en forme. Il existe également une salle de sports ouverte toute la journée et des négociations sont possibles avec la DHR et la médecine du travail pour s’y rendre pendant le temps de travail. On note aussi la présence à plein temps d’un kinésithérapeute, d’un ergonome et d’un médecin.

Comment mettre le sport au service de la santé des salariés ?

En définitive, il faut communiquer auprès des salariés sur la diminution des maladies, notamment professionnelles, par la pratique d’une activité physique ou sportive. Le Centre d’analyse stratégique propose notamment de favoriser sur le lieu de travail,  une pratique plus souple et axée sur le plaisir, le loisir et la détente, sans nécessairement abandonner la pratique compétitive pour ceux qui la privilégient. Il apparaît également important d’encourager davantage la pratique sportive en dehors du travail via des incitations financières comme la mise en place de “coupons sport”. Enfin, la flexibilité des horaires de travail à l’échelle de la journée pourrait permettre aux salariés de dégager une heure, dédiée à la pratique sportive et d’éviter de le créneau du midi trop souvent bondé.

Yann-Maël Larher

Lire l’intégralité de la note d’analyse du Centre d’analyse stratégique