Archive | juin, 2013

La communication collégiale : Comment définir les enjeux d’une prise de parole pour gagner en impact?

27 Juin

En entreprise, les orateurs et les publics sont souvent confrontés à des problématiques bien connues : des réunions, des briefs et autres prises de parole collégiales non captivants, un public qui se distrait et décroche. L’orateur se sent donc en situation délicate.

Notre consultante en communication et management, Elodie Le Guen, nous explique la nécessité de bien définir les enjeux et l’objectif de chaque prise de parole afin de captiver l’auditoire.

Postulat N°1 : Le public est exigeant, il faut savoir captiver son attention aux premiers instants.

Postulat N°2 : Tout discours doit être adapté au public sinon il y aura un décalage entre le contenu et l’auditoire. L’orateur est alors en situation d’inconfort.

Postulat n°3 : Ecouter demande un effort, ce que l’on sous-estime souvent. Dans une logique d’entreprise où le temps de chacun est précieux, accorder son écoute à un orateur représente un effort supplémentaire.

Dès le début d’une prise de parole, l’orateur doit poser le cadre et expliquer son enjeu  afin de crédibiliser le contenu. Grâce à une accroche pertinente, il doit démontrer à son public l’intérêt de la communication : pourquoi nous sommes ici et quel est l’enjeu de son discours ?

Ainsi, la définition de l’enjeu et de l’objectif assure la cohérence du discours, lui donne du sens et favorise l’appropriation et l’implication de l’auditoire.

Afin de créer une cohésion d’équipe et de rendre son discours attrayant il faut bien cerner les attentes de son public et comprendre ses exigences. Dès lors, avec une préparation du discours en amont, il sera plus facile d’associer le public à son discours, de le convaincre et de le faire adhérer au projet.

Imaginons un responsable RH qui doive présenter le dispositif de formation à une assemblée de managers. S’il présente cela de façon descriptive, tout le monde va décrocher au bout de 5 minutes. En revanche, s’il travaille son accroche et annonce par exemple : « nous donnons tous les ans, x milliers d’euros à nos concurrents pour les rendre performants », il se donne toutes les chances d’être écouté.

Et de poursuivre : « l’argent que nous n’utilisons pas pour former nos équipes, reste dans le pot commun de l’OPCA et peut être utilisé par nos concurrents ». Pour enfoncer le clou, il peut ajouter : « je vous rappelle que parallèlement à ça tous nos commerciaux ne sont pas à ce jour bilingues, que tous les opérateurs ne sont pas formés aux gestes et postures etc. »

Maintenant, il peut expliquer de façon très simple, comment les managers peuvent contribuer à la formation des équipes.

Le manager a créé les conditions nécessaires pour accrocher son auditoire. Désormais, il y a beaucoup de chance pour qu’il soit écouté !

Formatys

Claire Leduc

La VAE ou la singularité de l’expérience

20 Juin

Depuis 2002, la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) devient une voie possible d’accès à la certification. Elle reconnait les compétences acquises et exercées lors d’activités diverses (professionnelles ou non). Elle permet d’obtenir un diplôme ou un titre sans être obligé de retourner sur les « bancs de l’école » ou de l’université.

Construire son dossier de VAE pour les postulants est souvent un vrai parcours du combattant, tant dans les démarches administratives que dans la réflexion menée sur ses compétences pour la constitution de son dossier. Un premier travail d’identification de ses pratiques s’engage. Quels sont donc les ingrédients qui donnent de la valeur à l’expérience ?

La prise de conscience

Chaque expérience est unique ; la manière de la décrire démontre sa singularité. Il s’agit souvent d’un véritable travail de reconstruction des gestes, des savoirs ou des attitudes professionnelles. La « prise de conscience », développée par Piaget* dans les années 1930, est primordiale afin de parvenir à expliciter et reconstruire les gestes professionnels. Cette prise de conscience effectuée, le candidat à la VAE va devoir verbaliser son expérience afin d’en démontrer les compétences attendues.

Les dispositifs d’accompagnement à la VAE doivent en parti aider à la verbalisation de la pratique. Verbaliser ses savoirs, ses gestes et ses attitudes, c’est les mettre en mots. Cela participe donc à la prise de conscience de ses actes. Les mots permettent d’avoir accès à l’inconscient ainsi que de mettre au jour puis de construire une réalité, un vécu. Les mots choisis par le candidat viennent se placer au centre du dossier et renforcent la singularité de son expérience.

La valorisation des compétences

La valorisation est l’action de donner de la valeur. Mais qui « donne » la valeur à l’objet ? Est-ce la personne qui valorise son objet ou est-ce autrui qui accorde la valeur à ce même objet ?

Du côté du candidat, formaliser et expliciter une pratique demande d’avoir réfléchi à sa posture professionnelle. La réflexion, l’analyse et la prise de recul sur cette posture participent à la valorisation de son expérience. C’est ici que surgit l’expression de la singularité de chaque expérience.

Du côté d’autrui, ce sont les jurys qui vont accorder de la valeur à l’expérience. L’obtention d’un diplôme ou d’un titre professionnel représente une reconnaissance sociale et officielle de l’expérience, une reconnaissance de l’expertise de la personne. Reconnaitre, c’est valoriser, c’est accorder une légitimité à la singularité de chaque expérience.

La VAE est un enjeu important pour les personnes souhaitant valider leur expérience. Il s’agit de réussir à faire parler leur singularité, c’est-à-dire à rester eux-mêmes, tout en prouvant leurs compétences, définies et formalisées dans les référentiels de compétences du titre ou du diplôme.

Anne Petit-Raybaud

 

* « La prise de conscience désigne le travail cognitif que le sujet doit fournir pour opérer le passage d’un plan de l’activité mentale à un autre : par exemple, du plan des connaissances en actes (niveau sensori-moteur) au plan de la représentation, ou encore du plan des connaissances représentées au plan des connaissances formelles ». VERMERSCH Paul, L’entretien d’explicitation, ESF éditeur, Issy-les-Moulineaux, 2003, p. 210.

Quelques mots dans un monde de maths !

11 Juin

Dans les années 60, la démocratisation de la télévision et du téléphone laissait présager  le déclin de l’écrit. C’était la promesse d’un monde d’images et de sons, dans lequel il ne serait pas nécessaire de connaître les règles d’accord du participe passé. Peut-être est-ce pour cela d’ailleurs que les mathématiques sont devenues la matière reine, reléguant les littéraires au rang de doux rêveurs fantaisistes.

Mais voilà : nous sommes en 2013 et nous écrivons beaucoup. Du PC à l’i-phone, des mails aux sms,  en passant par les comptes rendus de réunions et leurs diaporamas.  Savoir écrire devient donc une compétence à part entière, que ne pallient pas les meilleures connaissances techniques de son métier. L’heure de la revanche aurait-elle sonné pour les littéraires ?

L’opération Phénix créée par le cabinet PriceWaterhouse Coopers en 2007 repose justement sur ce pari fou : recruter des littéraires pour des postes réservés habituellement aux étudiants de grandes écoles.  Des entreprises du CAC 40 (Axa, Coca-Cola Entreprise, HSBC …) s’engagent à offrir des postes de niveau cadre en CDI aux étudiants de Master 2 en Lettres et Sciences Humaines. Ainsi, depuis son lancement, l’Opération Phénix a permis à 160 jeunes diplômés de lettres et sciences humaines de trouver un emploi (source : http://www.operationphenix.fr/). Preuve que les doux rêveurs sont aussi  des consultants efficaces, des conseillers bancaires pointus ou des commerciaux convaincants.

Gare à l’infobésite, résultat d’une consommation massive de textes longs et indigestes !

Devant la profusion d’écrits, certains parlent d’infobésité, gavés que nous sommes de lectures plus ou moins pertinentes et structurées. Il est vrai qu’en matière de communication – et l’écrit n’échappe pas à la règle – l’entreprise privilégie souvent le quantitatif au qualitatif. Les mails inondent les messageries (40 en moyenne par jour*),  hachant ainsi notre travail par tranche de 10 minutes. Et les diaporamas de 100 pages assomment encore trop souvent les collaborateurs en entreprise.

Et tout cela pour dire quoi ? La pauvreté des mails se décèle dès la lecture de l’objet, avec des « A lire » ou « Pour information » très pléonastiques. Pourquoi ne pas écrire « à manger » ou « pour dégustation » sur chaque aliment tant qu’on y est !!!

Les conclusions des mails sont du même acabit. Que penser du fameux « asap** » qui provoque une poussée de stress chez le lecteur, sans que le commanditaire n’ait pris la peine de donner un vrai délai (date et heure) ?

Ecrire équilibré : 5 adjectifs et synonymes par jour !

Pour poursuivre la métaphore de l’infobésité, je serais tentée de vous mettre en garde contre les dangers de la fast writing, qui comme la fast food donne l’impression d’être nourris, mais nous laisse finalement sur notre faim. Recommandons donc  5 adjectifs et synonymes par jour, pour une écriture équilibrée et surtout très agréable à lire.

Le maître mot de l’écriture, comme de la gastronomie, doit rester le plaisir partagé. Plaisir du rédacteur comme du cuisinier à écrire et plaisir des lecteurs, comme des invités, à savourer le contenu préparé !

Elodie Le Guen, Formatrice en communication et management.

Son blog : http://lesacteursdelaformation.typepad.fr

*Sondage réalisé par Sciforma en juin 2010 auprès de 4150 salariés en France.

**as soon as possible : aussi vite que possible

Un nouveau regard sur le développement des carrières et des compétences

5 Juin

40% des salariés en France suivent ou envisagent de poursuivre des formations professionnelles complémentaires. C’est ce que révèle l’étude Kelly Global Workforce Index de Mai 2013 sur le thème du développement des carrières et des compétences. Elle a été développée auprès de 120.000 répondants, répartis dans 31 pays.

Aujourd’hui, améliorer ses connaissances et son savoir-faire participent aux nombreuses possibilités d’évolution de carrières. Les salariés admettent devoir prendre le contrôle de cet aspect immanquable de leur carrière.

A la question « pourquoi souhaitez-vous acquérir de nouvelles compétences ? » 36% des salariés citent l’opportunité d’obtenir une promotion au sein même de leur entreprise, 34 % envisagent de se réorienter et 32 % y voit une opportunité pour mettre à profit leurs compétences dans une autre entreprise.

Aussi, l’étude révèle qu’en France, les salariés de la génération Y sont les plus motivés par les perspectives de promotion à 43%, contrairement à la génération X (32%) et aux baby boomers (25%). Ceux-ci privilégient davantage les formations dans l’objectif de se reconvertir. Dès lors, on remarque clairement une différence d’attentes entre les différents groupes générationnels.

D’autres chiffres révélés par l’enquête nous indiquent que 67% des salariés plébiscitent la pratique professionnelle dite « sur le terrain », suivie de près par la formation professionnelle à 55% afin de développer leurs compétences. Les autres méthodes de développement des compétences, telles que les séminaires, tutorat, certification professionnelle, sont moins citées par les salariés.

Enfin, en ce qui concerne les compétences nécessaires à la réussite professionnelle et au bon fonctionnement de l’entreprise, les salariés citent en priorité :

–           le travail d’équipe et collaboratif (77%),

–          l’écoute active (72%),

–          le sens du détail (70%)

–          la communication orale (69%).

S’ils estiment être compétents dans ces domaines, ils admettent avoir besoin de développer leurs compétences linguistiques (64%), leur leadership (41%) et leur créativité (37%).

Pour tous les salariés, améliorer leurs compétences représente un engagement tactique  et réfléchi afin de développer leur parcours professionnel et de s’affirmer pleinement dans leur poste.

Toute l’étude et tous les graphiques à cette adresse :

http://www.kellyservices.fr/uploadedFiles/France_-_Kelly_Services/6-Knowledge_Hub/Tendances_March%C3%A9s_et_Rapports/D%C3%A9veloppement%20de%20carri%C3%A8re%20et%20de%20comp%C3%A9tences.pdf

 

Claire LEDUC