La VAE ou la singularité de l’expérience

20 Juin

Depuis 2002, la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) devient une voie possible d’accès à la certification. Elle reconnait les compétences acquises et exercées lors d’activités diverses (professionnelles ou non). Elle permet d’obtenir un diplôme ou un titre sans être obligé de retourner sur les « bancs de l’école » ou de l’université.

Construire son dossier de VAE pour les postulants est souvent un vrai parcours du combattant, tant dans les démarches administratives que dans la réflexion menée sur ses compétences pour la constitution de son dossier. Un premier travail d’identification de ses pratiques s’engage. Quels sont donc les ingrédients qui donnent de la valeur à l’expérience ?

La prise de conscience

Chaque expérience est unique ; la manière de la décrire démontre sa singularité. Il s’agit souvent d’un véritable travail de reconstruction des gestes, des savoirs ou des attitudes professionnelles. La « prise de conscience », développée par Piaget* dans les années 1930, est primordiale afin de parvenir à expliciter et reconstruire les gestes professionnels. Cette prise de conscience effectuée, le candidat à la VAE va devoir verbaliser son expérience afin d’en démontrer les compétences attendues.

Les dispositifs d’accompagnement à la VAE doivent en parti aider à la verbalisation de la pratique. Verbaliser ses savoirs, ses gestes et ses attitudes, c’est les mettre en mots. Cela participe donc à la prise de conscience de ses actes. Les mots permettent d’avoir accès à l’inconscient ainsi que de mettre au jour puis de construire une réalité, un vécu. Les mots choisis par le candidat viennent se placer au centre du dossier et renforcent la singularité de son expérience.

La valorisation des compétences

La valorisation est l’action de donner de la valeur. Mais qui « donne » la valeur à l’objet ? Est-ce la personne qui valorise son objet ou est-ce autrui qui accorde la valeur à ce même objet ?

Du côté du candidat, formaliser et expliciter une pratique demande d’avoir réfléchi à sa posture professionnelle. La réflexion, l’analyse et la prise de recul sur cette posture participent à la valorisation de son expérience. C’est ici que surgit l’expression de la singularité de chaque expérience.

Du côté d’autrui, ce sont les jurys qui vont accorder de la valeur à l’expérience. L’obtention d’un diplôme ou d’un titre professionnel représente une reconnaissance sociale et officielle de l’expérience, une reconnaissance de l’expertise de la personne. Reconnaitre, c’est valoriser, c’est accorder une légitimité à la singularité de chaque expérience.

La VAE est un enjeu important pour les personnes souhaitant valider leur expérience. Il s’agit de réussir à faire parler leur singularité, c’est-à-dire à rester eux-mêmes, tout en prouvant leurs compétences, définies et formalisées dans les référentiels de compétences du titre ou du diplôme.

Anne Petit-Raybaud

 

* « La prise de conscience désigne le travail cognitif que le sujet doit fournir pour opérer le passage d’un plan de l’activité mentale à un autre : par exemple, du plan des connaissances en actes (niveau sensori-moteur) au plan de la représentation, ou encore du plan des connaissances représentées au plan des connaissances formelles ». VERMERSCH Paul, L’entretien d’explicitation, ESF éditeur, Issy-les-Moulineaux, 2003, p. 210.