La génération Y, les genY, les Yers (prononcez whyers) … ça bouge dans l’entreprise !

13 Nov

Ah les jeunes et cette génération ultra connectée… Désengagée pour certains, irrespectueuse pour d’autres, la génération Y est certainement bien différente des autres. Mais, qu’en dîtes-vous si on mettait, le temps d’un instant, les clichés de côté et que nous réfléchissions enfin à la vraie valeur de la génération Y pour l’entreprise ?

L’ensemble des idées présentées fait suite à la conférence Montres et Cie menée par The Boson Project, le 8 novembre 2013.

Retour à la source, pourquoi parle-t-on autant de la génération Y ?

La première raison vient simplement du fait qu’elle fait partie intégrante d’une révolution : l’avènement du numérique. Les Yers ont un nouveau rapport au monde et à l’environnement auquel l’ancienne génération n’était pas confrontée. C’est la première génération qui perçoit très clairement le futur plus sombre que le passé. Elle dispose d’un nouveau contexte économique mondial et de nouveaux outils pour prendre sa place. Les Yers vivent avec un nouvel espace de vie : la planète monde. De même, et on ne peut pas y échapper, la nouvelle génération ne parle même plus la même langue. Vous avez peut-être déjà même entendu ou prononcé ces nouveaux termes : « Il m’a Poké, je retweet,  je l’ai vu sur son mur, j’ai tout sur mon cloud, je te forward » … Agaçant, incompréhensible, drôle ? Chacun son jugement.

Finalement, c’est une génération hors du commun et la première génération postmoderne qui vit avec une nouvelle vision du monde et du monde de l’entreprise. Certains parlent d’une génération désillusionnée mais pour d’autres, elle est au contraire très pragmatique. Ce sont ce point de rupture et cette entrée dans la nouvelle ère qui font que le cycle classique des générations est rompu et que la génération Y est si particulière.

Génération Y : quelques chiffres

– 50% de la population mondiale a moins de 30 ans.

– Les Yers sont au nombre de 13 millions en France aujourd’hui.

– Dans 10 ans, la génération Y et la génération Z confondues seront majoritaires dans l’entreprise.

Ainsi, les comportements perçus aujourd’hui comme marginaux deviendront une norme.

La génération Y et le monde de l’entreprise

La jeune génération a beaucoup de stéréotypes sur le monde de l’entreprise et sur elle-même. Il y a une certaine inéquation entre ce qu’elle est et ce qu’est l’entreprise. Ainsi, beaucoup de jeunes de la génération pensent que leur profil et le fonctionnement de l’entreprise sont incompatibles : leur rapport à l’entreprise a changé.

Au temps des baby boomers, le contrat passé avec l’entreprise engageait un certain accompagnement de la personne durant toute sa carrière dans l’entreprise. Le modèle était hiérarchique et linéaire. Puis, la génération X qui a connu la crise la première, a vécu un premier changement : une carrière moins linéaire car effectuée dans plusieurs entreprises avec pour levier, l’employabilité. Au contraire, la génération Y n’a pas envie de progression linéaire de carrière et envisage ses expériences professionnelles sur le court terme.

Alors qu’est-ce que l’entreprise va pouvoir proposer pour l’attirer et la retenir ?

La génération Y porteuse d’un nouveau modèle d’entreprise

Selon les stéréotypes de la génération Y, quelles solutions envisager dans le management et l’organisation des entreprises ? Voici quelques éléments de réponses :

La génération Y est ultra connectée : toujours sur les réseaux sociaux, elle produit sans cesse du contenu, de la collaboration et quelque part des œuvres collectives. => Ceci un levier intéressant à exploiter en entreprise. L’ouverture aux collaborateurs est devenue un point d’orgue de l’organisation  des entreprises.

Les jeunes veulent « Kiffer » la vie : ils ne veulent pas subir le travail et veulent du « fun » dans leur quotidien. => Les entreprises doivent penser à la transversalité des métiers et des missions ainsi qu’à la mobilité dans leurs structures (échanges de postes, télétravail…).

La génération Y est irrespectueuse : la génération est moins respectueuse dans le rapport au statut que les autres générations. Par contre, elle respecte les compétences. Elle ne refuse pas la hiérarchie et, au contraire, reconnaît le leadership et l’approuve. => Il peut être intéressant de jouer sur la soif d’apprendre des jeunes et la transmission du savoir à travers le mentorat croisé. Les jeunes savent qu’ils ont beaucoup à apprendre des autres générations mais qu’ils peuvent aussi beaucoup leur apporter.

La génération Y est paresseuse : elle veut juste travailler mieux et ne pas se sacrifier pour le travail. Les horaires fixes et le présentéisme sont révolus ! Mais passer moins de temps incite à travailler mieux, à être efficace et efficient. Il faut donc davantage adapter le travail aux performances de chacun.

Aujourd’hui s’observe un mouvement de fond des modèles traditionnels de l’entreprise. Alors que la plupart des entreprises sont encore sur des modèles rigides et de process, la vitesse à laquelle vont les évolutions amène une confrontation dans l’organisationnel et la stratégie des entreprises. Ainsi, celles-ci vont devoir répondre à la norme de la génération Y afin de glisser doucement vers ses valeurs. Au-delà de porter un jugement parfois infondé sur cette génération, il est avant tout nécessaire de la considérer à sa juste valeur et de capitaliser sur ses capacités qui feront le futur des entreprises.

Claire Leduc

Une Réponse to “La génération Y, les genY, les Yers (prononcez whyers) … ça bouge dans l’entreprise !”

  1. Adelle Simo 6 décembre 2013 à 21:19 #

    De nos jours, la génération Y reçoit tous les qualificatifs négatifs possibles, oubliant que cette génération peut être d’une contribution non négligeable pour la société d’aujourd’hui. Mis à part le fait que ces jeunes veulent tout avoir sans toute fois se sacrifier au travail, cette génération véhicule néanmoins des valeurs très importantes. À titre d’exemple, plusieurs recherches ont mis en évidence que ces jeunes sont loyaux envers leurs employeurs, ils sont très productifs, créatifs, et aiment des défis. Je pense que cette génération a beaucoup à apprendre à la nouvelle génération, car, c’est une génération qui est très habile, très à l’aise avec la nouvelle technologie, par rapport à l’ancienne génération, ce qui les rend beaucoup productifs, à certains égards, que les anciennes générations, notamment les baby-boomers et la génération x. De plus, cette génération qui accorde moins d’importance au salaire.

    D’une manière générale, on a tendance à oublier le contexte social dans lequel est né cette génération (crise économique, mondialisation essor des TIC, attentats et guerres, etc.) tous ces évènements contextuels ont sans doute marqué ces jeunes, et aussi façonnés leur schème de pensée. Ce sont autant de facteurs qu’il faudrait prendre en considération, avant de porter un jugement de valeur sur cette génération.

    En fin d’autres études ont également montré que les attentes de cette génération vis-à-vis du travail ne sont pas différentes de celles des générations précédentes. Ainsi, tout comme les anciennes générations, la génération Y recherche avant tout la satisfaction au travail, la flexibilité et la conciliation famille-travail.

    En définitive, nous pouvons dire que cette génération ne porte pas en elle, que des germes négatifs, c’est une génération qui a également beaucoup à apporter dans la construction et

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